Pourquoi une résine fait des bulles et comment l'éviter
Dégazage du support, air de malaxage, humidité, température qui monte : les cinq origines des bulles dans une résine coulée, comment les distinguer et comment les supprimer.
Épaisseur, densité, dosage du liant, primaire, pertes : la méthode de calcul complète pour chiffrer un chantier de moquette de pierre sans se tromper de commande.
Le calcul se fait toujours dans le même ordre : surface nette → épaisseur → kilos de granulat par mètre carré → kilos de résine par le dosage du système → primaire → marge de pertes. Le granulat se déduit de l'épaisseur et de la masse volumique du mélange en place ; la résine se déduit du granulat par un pourcentage de dosage ; le primaire se calcule séparément, à partir de la porosité du support.
L'erreur classique consiste à raisonner en sacs plutôt qu'en kilos par mètre carré. Un sac ne couvre pas une surface : il couvre une surface à une épaisseur donnée. Changez l'épaisseur de 8 à 10 mm et vous consommez 25 % de matière en plus.
On relève la surface réelle à revêtir, en décomposant le chantier en rectangles simples, puis on déduit les réserves (regards, siphons, massifs). On ajoute ensuite les remontées verticales : une plinthe ou une remontée en périphérie représente un linéaire multiplié par sa hauteur, et cette surface consomme autant de matière que le sol — souvent plus, car elle se travaille en plusieurs passes.
Sur une terrasse de 40 m² entourée de 26 m de remontée en 10 cm, la surface verticale ajoute 2,6 m² : négligeable en apparence, mais c'est exactement le volume qui manque en fin de journée.
L'épaisseur découle de trois paramètres : la destination du sol (intérieur, extérieur piétonnier, carrossable), la granulométrie retenue et l'état de planéité du support. Règle structurante : l'épaisseur doit valoir au moins trois fois le diamètre du plus gros grain. En dessous, le grain n'est pas enrobé sur toute sa hauteur et se déchausse.
On multiplie l'épaisseur en millimètres par la masse volumique apparente du mélange en place, de l'ordre de 1,5 à 1,6 kg par litre pour un granulat de marbre courant :
Granulat (kg/m²) ≈ épaisseur (mm) × 1,5 à 1,6
Puis :
Nombre de sacs = granulat total (kg) ÷ masse d'un sac
Le liant se dose en pourcentage de la masse de granulat sec, valeur donnée par la fiche technique du système. On calcule donc la résine après le granulat, jamais l'inverse :
Résine (kg) = granulat total (kg) × dosage (%)
Ce résultat correspond au mélange A+B pour une résine bi-composant. Il est ensuite réparti en gâchées : mieux vaut plusieurs gâchées maîtrisées qu'une grosse gâchée qui durcit dans le malaxeur.
Le primaire ne se déduit pas du granulat : il dépend de la porosité du support. Un béton poreux et grenaillé boit beaucoup plus qu'un carrelage dépoli. On part de la consommation indiquée par la fiche technique, et on prévoit une seconde passe sur les supports très absorbants.
Une marge de 5 à 10 % couvre les fonds de seau, les chutes, les surépaisseurs locales et les reprises. Elle se calcule sur le granulat et sur la résine, pour ne pas se retrouver avec de la matière sans liant.
Hypothèses de calcul : 40 m² de sol, 2,6 m² de remontées verticales, épaisseur 10 mm, masse volumique en place retenue à 1,55 kg/L, dosage du liant et consommation de primaire pris dans la fiche technique du système employé.
| Poste | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Surface nette | 40 m² sol + 2,6 m² remontées | 42,6 m² |
| Granulat par m² | 10 mm × 1,55 | ≈ 15,5 kg/m² |
| Granulat total | 42,6 × 15,5 | ≈ 660 kg |
| Granulat avec 8 % de marge | 660 × 1,08 | ≈ 713 kg |
| Sacs de 25 kg | 713 ÷ 25 | 29 sacs |
| Résine | 713 kg × dosage du système | selon fiche technique |
| Primaire | 42,6 m² × consommation du système | selon fiche technique et porosité |
Les deux dernières lignes ne sont volontairement pas chiffrées : le dosage du liant et la consommation du primaire sont propres à chaque système et à chaque support. Les reprendre d'un autre chantier est le meilleur moyen de se tromper.
Oublier les remontées verticales et les seuils. Ils représentent peu de surface mais beaucoup de temps et de matière, car ils se travaillent en couches successives.
Commander en plusieurs fois. Le granulat de marbre est un produit naturel : deux lots différents peuvent présenter une nuance visible. Sur une surface continue, la reprise se voit. On commande la totalité en une fois, avec la marge intégrée.
Raisonner en volume plutôt qu'en masse. Un granulat se vend au kilo et se dose au kilo. Le litre ne sert que pour l'estimation d'épaisseur, jamais pour le dosage du liant.
Appliquer un dosage mémorisé. Le pourcentage de liant change avec la granulométrie et avec le système. Il se relit sur la fiche technique à chaque chantier.
Ne pas prévoir le rattrapage de planéité. Un support creux consomme silencieusement des dizaines de kilos. Si la planéité est mauvaise, on ragrée avant, on ne compense pas avec le granulat.
Confondre marge de pertes et sous-estimation. La marge sert à absorber les pertes réelles, pas à corriger une épaisseur mal choisie.
Les dosages, les gâchées et le chiffrage d'un chantier complet font partie de la partie théorique de la formation Moquette de pierre, puis sont appliqués l'après-midi sur des mélanges réels : préparation, malaxage, répartition et contrôle de l'épaisseur obtenue.
L'épaisseur dépend de la destination et de la granulométrie. En intérieur piétonnier, on travaille couramment autour de 8 mm. En extérieur piétonnier, on monte généralement à 10 mm. Pour une allée carrossable, on prévoit davantage, avec un support et un système adaptés à la charge. L'épaisseur ne peut jamais être inférieure à environ trois fois le diamètre du plus gros grain, sinon le granulat n'est pas correctement enrobé et maintenu.
On multiplie l'épaisseur en millimètres par la masse volumique apparente du mélange en place, généralement de l'ordre de 1,5 à 1,6 kg par litre pour un granulat de marbre. À 10 mm, cela donne environ 15 à 16 kg de granulat par mètre carré. Cette valeur doit toujours être recoupée avec la fiche technique du système utilisé, car elle varie avec la granulométrie et le taux de compactage.
Le dosage du liant s'exprime en pourcentage de la masse de granulat sec, et il est fixé par la fiche technique du système. Il est plus élevé pour une granulométrie fine (plus de surface à enrober) que pour une granulométrie grossière. Sous-doser fait un revêtement pulvérulent qui déchausse ; sur-doser bouche la porosité d'un système drainant et fait couler la résine en fond de couche.
Une marge de 5 à 10 % couvre les pertes courantes : fonds de seaux, chutes de découpe, épaisseur locale supérieure, reprises. Sur un chantier découpé en petites surfaces, avec beaucoup de remontées verticales ou de motifs au pochoir, il faut monter cette marge. Il vaut toujours mieux un sac en trop qu'une différence de lot visible au milieu d'une terrasse.
Dégazage du support, air de malaxage, humidité, température qui monte : les cinq origines des bulles dans une résine coulée, comment les distinguer et comment les supprimer.
Diagnostic, cohésion, humidité, ouverture de la porosité, primaire : la méthode complète de préparation d'un support avant l'application d'une résine ou d'une moquette de pierre.